Comment réussir à dilapider 20 000 € avec autant d’enthousiasme alors que les finances d’un club devraient être traitées comme un trésor de guerre ? Voilà une question qui mérite sans doute d’être méditée par ceux qui ont poussé à l’organisation de ce fameux stage « indispensable ».
Le Président, lui, n’y était pas favorable — et on peut aujourd’hui comprendre pourquoi. Mais il a cédé. Sans doute pour éviter le concert prévisible des indignations et des cris d’orfraie qui auraient fleuri dans les tribunes et sur les forums :
« Le Président ne donne pas les moyens ! Le staff est abandonné ! Les joueurs sont sacrifiés ! »
On connaît la musique. Toujours les mêmes refrains, toujours les mêmes certitudes bruyantes… et rarement la moindre remise en question.
Résultat des courses : une déroute magistrale, après un stage de cohésion dont on nous a vanté les mérites comme s’il s’agissait d’une recette miracle. Tout se serait « très bien passé », paraît-il. Ambiance formidable, esprit de groupe renforcé, sourires à tous les étages…
À croire que le seul endroit où cette cohésion n’a jamais mis les pieds, c’est sur le terrain.
Alors une question simple s’impose : qui prend qui pour un naïf ?
Un entraîneur m’avait glissé, presque en confidence :
« Le stage s’est bien passé… mais on verra vendredi ce que les joueurs auront envie de faire sur le terrain. »
je pense qu'il manque vraiment un homme à poigne qui impose ses vues sans que les joueurs prennent la main.
Avec le recul, cette phrase ressemble moins à une remarque anodine qu’à un aveu résigné. Comme si, au fond, certains savaient déjà que tout cela risquait de tourner à la farce. Je fais partie de ces éternels optimistes, sans doute trop naïfs, qui ont cru que le déplacement à Dax servirait à prouver quelque chose. Qu’on allait enfin voir une équipe conquérante, appliquée, digne de ses ambitions.
Quelle illusion… et quelle désillusion.
Les fondamentaux sont travaillés avec sérieux à l’entraînement. Très bien. Magnifique même.
Mais alors, permettez-moi de poser la question qui fâche : à quoi servent ces heures de travail si, le jour du match, tout disparaît comme par enchantement ?
Nos mauls ? Décevants au possible.
Notre défense sur maul ? Catastrophique et le mot est encore charitable. Notre défense sur la ligne inexistante, notre défense individuelle aux abonnés absents.
Il est peut-être temps de faire des vrais constats et ne plus se cacher derrière son petit doigt.
Et pourtant, ces phases basiques sont répétées à longueur de semaine. À ce stade, ce n’est plus un problème de travail… c’est un problème d’exécution, d’envie, ou de conscience professionnelle. Je ne vais pas distribuer des noms ,ce serait trop facile , mais quand la moitié d’une équipe semble avoir laissé son niveau de jeu au vestiaire, il ne faut pas s’étonner de repartir avec une correction mémorable. Dans les phases dynamiques, nous avons été dominés du début à la fin.
À certains moments, devant l’écran, on avait presque envie de recompter les joueurs tant l’adversaire semblait plus nombreux et partout à la fois.
Eux plaquaient avec agressivité, eux avançaient sur chaque lancement… pendant que, malgré nos << gros porteurs>>nous reculions, subissions, et donnions l’impression d’être en retard sur tout. Je n’ai aucun mal à croire que les coachs soient eux-mêmes dépités. Comment ne le seraient-ils pas ?
Car l’attitude vue sur le terrain est en totale contradiction avec ce qui est censé être travaillé à l’entraînement. Et c’est peut-être là le plus inquiétant : le sentiment que certains joueurs sont tout simplement démobilisés. Pas tous, heureusement, il y en a encore qui font honneur au maillot. Certains sont aujourd’hui méconnaissables, très loin de leur niveau, et osons le mot indignes de la confiance qu’on leur a accordée. Pour ma part, j’avais déjà exprimé des doutes en petit comité lors de l’annonce de la composition. Le mardi, à l’entraînement, certains semblaient à peine concernés, presque spectateurs de leur propre préparation. Une attitude désinvolte qui laissait présager le pire. Le match n’a fait que confirmer ces craintes avec une précision presque cruelle.
Je continuerai à suivre les entraînements, par fidélité au club et respect pour ceux qui s’investissent réellement.
Mais désormais, je regarderai avec un œil nettement plus critique ces soi-disant professionnels, dont l’engagement réel semble parfois inversement proportionnel aux discours rassurants qu'ils nous servent.
Et la prochaine fois qu’on parlera de « stage de cohésion » à 20 000 €,
il serait peut-être judicieux de vérifier d’abord si la cohésion existe encore… sur le terrain.